Biographie du Professeur Khempo Tsenam

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Education

Peu après son retour au Tibet, Troru Tsenam se rendit à l'université monastique de Kathok. A partir de 1951 et durant les cinq années suivantes, il y étudia l'astrologie des éléments et des planètes, la composition poétique et les différents champs d'études propres à toutes les traditions du bouddhisme, que l'on nomme le Madhyamika, la Prajnaparamita, l'Abhidharma et le Vinaya.

Il reçut également un profond enseignement au Bouddhisme Vajrayana, devenant érudit dans les traditions Kagyu et Nyingma, dont il acquit la pleine maîtrise des enseignements théoriques. Il fut en particulier l'une des rares personnes autorisées à connaître la science secrète médicale de la préparation du " mercure détoxifié " [également appelé " mercure purifié "], dont l'enseignement lui fut transmis par Lama Tachung Tsering Chopel. En qualité de moine physicien, il apprit dans de nombreux domaines ; il était particulièrement doué en médecine.


Les monastères au Tibet, comme ceux en Europe au Moyen-Age, étaient des centres majeurs d'étude et de pratique de la médecine. Ils servaient de base aux lamas-docteurs qui travaillaient dans les régions alentours. L'aspect religieux de la médecine tibétaine était vital : l'ensemble de la science médicale était présentée comme étant transmise par le Bouddha, à travers son émanation le Bouddha de Médecine [Sangye Menla].

La collection des plantes médicinales, leur préparation et administration étaient toutes accompagnées de prières et traitées en tant qu'acte semi-religieux. Lorsque les médicaments ne pouvaient pas aider le patient, on procédait à des cérémonies religieuses spécifiques de santé. En plus de fournir un contexte spirituel aux soins, les monastères étaient des sièges importants pour les études médicales. Et ce, d'autant plus que le savoir médical était une part intégrante d'une éducation globale sur la condition humaine ; sa compréhension devait donc être intégrée dans la quête bouddhiste d'une sagesse complète. La médecine forme la seconde des cinq grands champs d'étude des études bouddhistes.


 
Khempo par deux fois.


Le jeune moine doué que Troru Tsenam était à cette époque montra une telle aptitude extraordinaire pour les études - comprenant souvent des sujets après une unique lecture et ajoutant parfois des détails que personne ne lui avait appris - que ses professeurs croyaient volontiers qu'il était la réincarnation d'un grand érudit. Ceci fut confirmé par le IIIème Shertse Rinpoché, qui déclara qu'il était une émanation du maître connu sous le nom de Bu sTon Pa. A Kathok, il reçut le titre de " Khempo des Cinq Disciplines ", un grand honneur, à peu près équivalent à un professorat, reconnaissance de ses prouesses dans tous les sujets majeurs d'étude.

En dépit des invitations de plusieurs monastères, dont celui dont il était issu à Troru, qui lui proposaient de diriger leurs universités, il fut gardé par Shertse Rinpoché à Kathok, où il approfondit sa propre compréhension sous la férule d'érudits en visite. Les troubles de 1956 dans les régions lointaines de l'Est du Tibet lui permirent de revenir à Troru, où il prit la chaire de l'université monastique, devenant ainsi Troru Khempo Tsenam. Il y fut responsable de l'éducation de quelques 30 tulkous et 200 moines pendant trois ans.


Emprisonné

Quand les Chinois annexèrent le Tibet en 1959, les monastères furent fermés et toute activité religieuse du cesser. Ceux des lamas qui n'avaient pas fui le pays et qui avaient échappé à la colère des forces chinoises durent se cacher. C'est ce que fit Khempo Tsenam pendant deux ans. Puis, en raison de sa haute position monastique précédente, il fut envoyé en prison dans la région de Pomi (spo.mes), où il resta dix ans.

Les conditions de détentions étaient dures, pas seulement physiquement mais aussi psychologiquement. Khempo Tsenam voit cette période de son passé avec un àil positif : " Je pouvais voir comme ceux qui se laissaient aller à des états de dépression souffraient, ajoutant une peine mentale aux souffrances du corps. Je réussis à garder mon esprit en paix et spacieux, selon l'enseignement bouddhiste. Je réalisais alors que ceci, comme n'importe quelle situation de la vie, était une opportunité de développement. J'essayais de réconforter mes compagnons de prison. Beaucoup d'entre eux étaient jeunes et doués, mais leur éducation n'était pas achevée. Je fis de mon mieux pour leur transmettre une partie de mon savoir médical et académique".

Cet enseignement avait lieu en secret, après l'extinction des feux la nuit. Il leur apprit à lire, écrire, mais il leur enseigna aussi la grammaire, l'éthique bouddhiste, la philosophie et d'autres sujets, en fonction de leur demande. Pendant cette période, qui fut une grande menace pour la culture tibétaine, il essaya de mettre sur le papier tout ce qu'il put de son savoir, sur des bouts de papier recueillis ici et là. Ceci qui devint progressivement un volume de littérature qui, malheureusement, fut découvert et détruit. Khempo Tsenam prit particulièrement soin d'assurer, du mieux qu'il pouvait, l'éducation des jeunes tulkous (lamas réincarnés) emprisonnés avec lui. Pomi était plus un camp de travail qu'une prison fermée et il eut la possibilité de récolter des herbes simples dans la campagne environnante pour soigner les prisonniers malades. C'était inestimable.

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Les autres Maîtres :

Bouddha de médecine
Yetokpa l'Ancien
Yetokpa le Jeune
Jangpa Namgyal Dragzang
Zourkhar Lodreu Gyalpo
Dissangye Gyamtso
Pr Khyenrab Norbou
Pr Khempo Tsenam
Pr Tenkho
Pr Jamba Trinle

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