Biographie du Professeur Khempo Tsenam

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  La clinique à Pomi

En 1971, cette utilisation évidente, en tant que médecin doué, par la communauté tibétaine et son immense savoir médical étaient devenus reconnus et appréciés par les autorités qui non seulement le relâchèrent mais aussi s'excusèrent formellement pour son emprisonnement. Ils justifièrent leur action en disant qu'il avait d'abord était pris pour un lama -mais il était en fait un docteur et donc quelqu'un d'une vraie utilité pour le peuple ; une erreur avait été faite et devait maintenant être rectifiée.

Après cette libération, Khempo Tsenam continua à traiter ses patients dans la région de Pomi, et la petite maison qu'il utilisait comme clinique devint connue sous le nom d'Hôpital de Pomi. Il y prépara ses propres médicaments à base de plantes, de minéraux et d'animaux locaux. Il ne pouvait pas préparer une bonne partie des compositions traditionnelles, car elles demandaient des ingrédients issus d'autres lieus du Tibet et d'autres pays. Quoiqu'il en soit, avec les années, Khempo Tsenam parvint à traiter quelques 10.000 patients à l'année. Sa renommée s'étendit.
 

La résurrection de la médecine tibétaine au Tibet

La période de 1977 à 1981, durant laquelle plus d'expression culturelle traditionnelle fut autorisée par les Chinois aux tibétains, fut celle d'une activité intense pour Khempo Tsenam et ceux comme lui. Ce fut le point de départ pour la restauration de la médecine tibétaine. Il voyagea, d'abord localement vers Derge puis vers les autres anciens centres médicaux du Kham et finalement vers Lhassa, pour faire un bilan de la situation et prendre contact avec les autres médecins tibétains.

A l'imprimerie de Derge, il trouva le texte de Taï Situpa sur la détoxification du mercure et la préparation de médicaments à base de mercure. Utilisant ce texte comme une base, il transmit les clés de ce procédé à des physiciens aptes, devenus ses apprentis et aides dans le complexe procédé alchimique requis. Grâce à lui, le mercure détoxifié fut préparé à Derge, puis à Chinghai et dans d'autres centres médicaux. Une fois que ces institutions utilisèrent le mercure détoxifié comme une préparation de base, il furent capables de produire le fameux Rinchen Rilbu -" Pilule précieuse " en le combinant avec d'autres pierres, herbes, etc…

En 1981, l'expertise de Khempo Tsenam fut réclamée par les autorités de Lhassa, la capitale de la Région Autonome du Tibet. Depuis cette époque, il s'est consacré à la restauration de l'Institut Astromédical de Lhassa (Men Tsee Khang). D'un petit bâtiment avec une poignée de docteurs, il mit en place un hôpital majeur d'enseignement, avec une population soignante et étudiante de mille personnes, plusieurs centaines de lits et une usine pour la production des médicaments. Une fois le Men Tsee Khang bien établi, Khempo Toru Tsenam créa un département d'enseignement plus avancé, qui a maintenant le statut d'université. Avec son centre auto suffisant dans la production des médicaments et sa clinique, il forma des centaines de médecins en médecine traditionnelle, avec aujourd'hui un niveau académique délevé. De plus, des équipements de médecine moderne sont ajoutés aux principes traditionnels.

En 1997, deux départements de recherche furent établis pour réaliser des travaux sur l'utilisation de la médecine tibétaine dans les nombreuses affections qui affligent le monde moderne. Ces tests devraient satisfaire les rigueurs de la recherche scientifique moderne. La médecine traditionnelle tibétaine semble aujourd'hui être devenue acceptable pour les autorités chinoises du fait de son efficacité. Un autre facteur non négligeable est son coêt relativement faible face aux traitements modernes qui requièrent des équipements chers. Cette reconnaissance signifie que les médecins diplômés dans des écoles d'état deviennent fonctionnaires salariés.

Cinq niveaux qualifient le doctorat. Le plus bas implique une formation théorique de trois ans sur la médecine traditionnelle suivis de quelques années de travail auprès de docteurs établis dans des hôpitaux ou des cliniques. Ceci donne le titre de " docteur " mais pas de degré universitaire. Le second niveau requiert une formation plus longue, dans un environnement universitaire et se termine par la remise d'un diplôme médical. Les trois niveaux restants sont atteints au long d'années de pratique et d'expérience à enseigner, faire de la recherche, publier des papiers, etc… Khempo Tsenam est l'un des rares détenteurs au Tibet du Cinquième Grade.

Le rétablissement principal de la médecine tibétaine a pris place lors de l'expansion d'hôpitaux - centres d'apprentissages dans les grandes villes. Comme les docteurs qui sont formés dans ces centres vont soigner les nomades dans les régions reculées, il est probable que, comme dans le passé, ils prennent des aides qui commenceront leur apprentissage dans la nature plutôt que dans une classe d'école.

A présent Khempo Tsenam est aujourd'hui directeur et professeur de médecine au Central Institute de Lhassa, professeur au centre bouddhiste avancé de Chine et éditeur en chef des volumes de médecine tibétaine de l'encyclopédie médicale chinoise. Il a écrit plusieurs livres majeurs et publié plus de 200 articles sur la médecine tibétaine.

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