De la découverte de la médecine à aujourd’hui au Tibet

Le Tibet, « Trésor des grandes eaux »

Pour parler de l’histoire ancienne, le Tibet est connu sous l’épithète de « Trésor des grandes eaux ». Apparurent progressivement la terre, les êtres vivants, les arbres fruitiers et les forêts qui firent du « pays des neiges », cette belle contrée aux terres et cimes toutes de pureté et de fraîcheur – le diadème du monde, encerclé par les chaînes de montagnes neigeuses.

Pour l’évoquer de manière moderne, on le situe à la longitude est 89.13-104.44 et à la latitude nord 31-39.21. En général, on considère que le Tibet comprend trois provinces : le U-Tsang, le Khams et l’Amdo mais désormais, les chinois l’ont divisé en cinq : la région autonome du Tibet (Xizang), le Qinghaï, le Sichuan, le Gansu et le Yunnan. La superficie totale du Pays des Neiges est de 2.500.000 km2.

Parmi les cinq sciences fondamentales offertes aux tibétains, la science médicale est la principale. Son histoire est très ancienne ; elle remonte à l’origine de ce peuple.

La première des médecines : la préparation de la nourriture

La lutte contre les différentes maladies et les éléments n’ayant eu de cesse, chacun s’est employé à soigner son corps. A l’origine, comme la société n’avait que de la nourriture grossière à consommer, beaucoup de maladies étaient liées à la mauvaise digestion. Puis les hommes découvrirent la cuisson par le feu et l’utilisèrent. L’organisme ayant du mal à assimiler les aliments crus et froids, ils firent chauffer, bouillir ou griller l’alimentation, et purent ainsi stopper les maladies digestives.

A l’époque du premier roi tibétain Nyathri Tsenpo, on réalisa que les plantes, les êtres vivants et les minéraux pouvaient révéler des capacités curatives. Près de deux cents ans plus tard, au temps du roi tibétain Drigoum Tsenpo, le ministre Rulékyé, dynamique et intelligent, fit construire des ponts, cultiver les terres, extraire les minerais de fer, de cuivre, d’argent et d’or. les vaches et les taureaux, les dris* et les yaks furent désormais abrités dans des étables et la production des fermiers et nomades s’accrut alors. Grâce à ce développement, on apprit à fabriquer la bière avec les céréales et le beurre avec le lait. C’est ainsi que l’on découvrit par ce biais de nouveaux traitements : la lie de bière fut employée pour soigner les blessures, le beurre fondu pour arrêter l’écoulement sanguin…

Quel que soit le pays ou l’ethnie, il apparaît clairement que l’analyse médicale trouve sa source unique dans le labeur des hommes.

De manière générale, toutes les substances externes et internes sont constituées des quatre éléments et, de leur état d’équilibre, dépendent les sensations corporelles de plaisir ou de souffrance. Au Tibet, des gestes préventifs et curatifs issus de l’antiquité ont été conservés et rationalisés pour devenir le « levain » de la médecine tibétaine.

Les écoles de médecine, monastiques et laïques

En 762, Youthog Yeunten Gonpo établit à Menloung, dans le Kongpo, la première école médicale dont l’enseignement principal reposait sur les Quatre Tantras de médecine. Elle comptait plus de 300 élèves.

Autrefois, la plupart des médecins tibétains étaient des moines et la majorité des hôpitaux se trouvaient dans les monastères. Penser que ceux-ci étaient semblables aux temples des autres religions serait inexact puisqu’on y trouvait l’école enseignant les sciences et le dispensaire pour les soins apportés aux malades.

Les gens se souciant de leur santé, la médecine tibétaine faisait l’objet d’une approbation inégalée et d’une confiance sans limite parmi la population.

Les quatre tantras de médecine, la bible de la médecine tibétaine

Le Tantra fondamental, qui comporte 6 chapitres dont l’introduction et la table des matières, la présentation des causes des maladies, leur examen exact et les moyens curatifs.

 Le tantra explicatif, scindé en 31 chapitres relatifs notamment à la croissance de l’organisme, au développement et au déclin de la maladie, aux préparations médicinales et à la chirurgie.

Le Tantra des instructions, divisé en 92 chapitres qui étudient et classifient les causes et conditions d’apparition des maladies, présentent les méthodes de soins etc…

Le Tantra final, comportant 25 chapitres dont la section relative à l’examen des pouls et urines, celle relative aux calmants, celle concernant les thérapies douces et fortes…

Mais pour ne parler que des préparations médicinales, on compte plus de 2.800 médicaments.

En résumé, les quatre tantras de médecine rassemblent la théorie générale de la science médicale, l’exposé des maladies et les méthodes de soins.>

De plus, les siècles et les générations passant, les Tibétains ont recueilli petit à petit la quintessence de nombreuses médecines étrangères qui se révélaient efficaces. En améliorant [leur science médicale], en la propageant et en la développant, ils créèrent un système original. Inépuisable, à l’image de la base doctrinale des sciences extraordinaires, il possède nombre de caractéristiques particulières issues de la riche expérience dans la pratique médicale conjuguée notamment à la nature du peuple et des hautes terres [du Tibet].

Les différentes générations occupèrent tout le territoire et créèrent des liens avec la Mongolie, le Bouthan, le Sikkim, le Népal et l’Inde, où ils se disséminèrent également, ce qui permit d’élargir considérablement le champ des maladies traitées.

En 1959, le Tibet tomba au pouvoir des Chinois, ce qui se traduisit par un grand désastre politique, économique, culturel et environnemental. Pire encore, lors de la Révolution Culturelle, non seulement la médecine tibétaine connut de sévères dommages mais il y eut également de nombreux événements douloureux : les érudits furent jetés en prison, les médicaments et les livres jetés au feu ou à l’eau etc… 

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