Les plantes médicinales

Sur ce froid plateau entouré d’une enceinte de sommets neigeux, cinq grandes sciences fondamentales se sont développées. Parmi elles, figure cette grande tradition orientée vers le bien d’autrui, qu’est la médecine.

Des savants de jadis à l’origine des sublimes et insurpassables moyens curatifs (et en particulier le vénérable Youthok Yönten Gonpo), jusqu’aux professeurs du temps présent, sans oublier les nombreux érudits des lignées de Djang et de Zur, tous ont étudié en faisant fi des difficultés pour créer des méthodes qui ont été ensuite éprouvées dans la durée avant de se propager.

pour contrer les 424 sortes de maladies liées au désordre de la bile (mkhris-pa), du phlegme (bad-kan) ou du souffle (rLung), dont la cause réside dans les trois poisons qui perturbent l’esprit, ils ont mis au point des antidotes de quatre sortes : la diététique, les conseils de comportement, les préparations médicamenteuses et la petite chirurgie.

Ce sont les suprêmes méthodes de longévité, de bonne santé et de prompte guérison en cas de maladie.

Cette grande tradition ne s’est pas éteinte au Pays des Neiges et aujourd’hui, la médecine tibétaine est pratiquée non seulement par les autochtones, mais aussi par les Chinois, les Mongols et les Bhoutanais. de nombreux chercheurs d’autres pays l’étudient également et sont parfois stupéfaits des résultats obtenus.

Les savants des temps anciens, tels que Youthok Yönten Gonpo, ont non seulement composé les traités fondamentaux et développé leur application pratique, ils ont aussi écrit sur la pharmacologie et composé nombre d’ouvrages de référence qui sont passés à la postérité.

Dans les Quatre tantras, il est dit : « si l’on sait utiliser les propriétés médicinales de ce qui pousse et se voit, il n’est rien sur cette terre dont on ne puisse faire un médicament« . Aussi, en sachant correctement utiliser toutes les essences stables ou non des quatre éléments, il n’existe rien qui ne puisse être transformé en remède et l’on peut dire ainsi qu’à toute maladie correspond un antidote. Pour cette raison, il est écrit que les ingrédients médicinaux sont des substances de très grande valeur.

Les Quatre tantras classent les ingrédients entrant dans la composition des médicaments sous la forme d’un catalogue énumératif les divisant en huit catégories et exposant leur identification, leur efficience, leur mode d’utilisation, leur origine, leur forme, leur couleur, leurs appellations et leurs caractéristiques. Mais elles peuvent être ramenées à trois grandes familles : la matière végétale, la matière organique ou les minéraux.

Cette présentation classique s’est transmise fidèlement de maîtres à élèves.

Dans le Tibet ancien, les professeurs de médecine étaient rares dans chaque région, notamment parce que le pays était pauvre en moyens de communication. De ce fait, étudier la science médicale impliquait de passer de nombreuses années sous la férule d’un maître pour apprendre les causes premières et secondes de la maladie, les classifications, l’exploration clinique, les méthodes de soins, etc.

Leur assimilation complète ne signifiait pas pour autant la fin des études, il fallait encore envisager la pharmacologie et notamment la préparation des médicaments en apprenant parfaitement les périodes et les régions de cueillette des substances médicinales, les particularités de celles-ci, leur nomenclature…

Le savant thérapeute tibétain Dé’oumar Pandita Tendzin Phuntsok a composé un traité de pharmacie, le « Rosaire de cristal » (shel gong phreng), qui a été très largement repris dans les ouvrages de médecine ultérieurs. En 13 chapitres, il répertorie pas moins de 2.294 sortes de médicaments en décrivant avec précision leur nature, leur efficience, leurs appellations etc. De plus, il présente clairement les caractéristiques propres à chacun.

Les pharmaciens le considèrent comme le traité de référence en la matière.

Vu l’époque et l’état de la société en ce temps là, il n’existait pas de machine ou autre facilité mais on se référait aux ouvrages scientifiques de la tradition, en s’appuyant au début sur un professeur, ensuite sur l’observation et l’étude, et enfin sur l’entraînement et la familiarisation. C’est ainsi que la recherche progressait.

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