J’ai passé une semaine à ne manger que selon mon type Lung, voilà ce que j’ai noté

mai 3, 2026

Le matin, en sortant de la chambre, j’ai senti un air plus léger, presque comme si ma respiration s’était libérée d’un poids invisible. Cette légèreté, je l’ai attribuée au fait d’avoir supprimé les aliments humides de mon menu, conformément au régime conseillé pour le type Lung en médecine tibétaine. C’était le premier vrai signal concret après avoir modifié mes habitudes alimentaires, avec l’idée de voir sur une semaine si ces recommandations tenaient la route dans ma vie quotidienne. J’ai maintenu mon rythme de travail et mes déplacements habituels, ce qui m’a permis d’éprouver ces effets en conditions réelles, sans aménager mon emploi du temps. Dès ce premier jour, j’ai su que ce serait une expérience exigeante, notamment par la rigueur de la sélection alimentaire et l’absence des produits laitiers et aliments froids. Mon but était clair : tester la validité des principes anciens du type Lung dans mon cas précis.

Comment j’ai organisé mon test en conditions réelles

J’ai mis en place ce test sur une durée d’une semaine complète, en éliminant tous les aliments dits humides qui aggravent le type Lung, selon mes notes issues de la médecine traditionnelle tibétaine. Pour cela, j’ai supprimé les produits laitiers et les aliments froids, et j’ai évité de consommer des plats crus en excès, car ces derniers peuvent perturber le fragile équilibre de ce type. Mon régime s’est donc centré sur des céréales complètes, légumes cuits et épices chauffantes. J’ai gardé mes horaires habituels de travail, entre 9 h et 18 h, et j’ai continué mes sorties urbaines à pied et en transports en commun. Cette organisation m’a permis de confronter les effets de cette alimentation à mes contraintes réelles, loin d’un cadre expérimental trop contrôlé. J’ai aussi prévu un budget hebdomadaire entre 15 et 25 euros pour les ingrédients spécifiques que j’ai achetés, notamment gingembre, cannelle et poivre noir, indispensables pour compenser le refroidissement interne du type Lung.

Pour suivre les effets, j’ai adopté un protocole simple mais rigoureux. Chaque soir, je notais mes sensations liées à ma respiration, en évaluant la fluidité du souffle et la sensation de légèreté. J’ai aussi observé la digestion, en notant la présence ou l’absence de ballonnements, ainsi que le confort ressenti après les repas. En parallèle, j’ai mesuré mon rythme cardiaque au repos chaque matin, à l’aide d’un tensiomètre basique, ainsi que la qualité de mon sommeil, en notant le nombre d’éveils nocturnes et la durée totale de sommeil. Ces mesures m’ont donné une base chiffrée pour confronter à mes ressentis. Je n’ai pas utilisé d’applications sophistiquées, juste un carnet manuscrit et un stylo, ce qui m’a forcée à être attentive et régulière, car noter chaque détail m’a demandé de la discipline.

Je voulais principalement observer l’impact sur ma respiration, car le type Lung est très lié à la circulation de l’air et de l’énergie vitale. Je cherchais à voir si le souffle devenait plus fluide et moins laborieux. Ensuite, la digestion était un point clé : allait-elle se stabiliser, voire s’renforcer, avec la suppression des produits laitiers et des aliments froids qui favorisent les mucosités et l’humidité interne ? Enfin, je m’attendais à noter un changement dans mon niveau d’énergie globale, que j’espérais plus stable, sans les pics de nervosité ou de fatigue que j’avais parfois. Chaque jour, je détaillais mes sensations et symptômes pour avoir une cartographie fine des effets, et je faisais aussi attention à tout signe inhabituel, comme la sécheresse ou les tremblements, qui pourraient indiquer un déséquilibre.

Les premiers jours ont été plus compliqués que prévu

Dès le deuxième jour, j’ai ressenti une sécheresse marquée dans la gorge et sur les lèvres, une sensation qui ne m’était pas familière à ce point. Cette sécheresse de la gorge, accompagnée de tremblements légers, m’a vraiment rappelé ce qu’on appelle dans la médecine tibétaine le déséquilibre du vent interne, un phénomène que je n’avais jamais expérimenté aussi clairement. À cela s’ajoutait une nervosité diffuse, un petit tremblement dans les mains qui ne cessait pas. J’ai noté aussi un goût amer persistant en bouche chaque matin, que je n’avais jamais pris au sérieux auparavant, mais qui annonçait selon mes lectures un excès de bile. C’était déstabilisant, car l’objectif initial était de me sentir mieux, pas d’être agitée. Cette phase d’adaptation s’est accompagnée d’une légère augmentation de mon rythme cardiaque au repos, que j’ai mesuré à 6 battements et puis qu’à l’habitude, ce qui m’a surprise.

Je pensais bien faire en augmentant la quantité d’aliments crus et froids pour apporter plus de fraîcheur, mais ce réflexe a empiré la situation. La deuxième nuit a été marquée par des insomnies légères, avec des réveils fréquents et une difficulté à retrouver le sommeil. J’ai compris que cette consommation excessive avait accentué le déséquilibre du vent interne, ce qui se manifestait par cette agitation nerveuse et ce froid interne persistant. J’étais fatiguée, mais incapable de me reposer pleinement, ce qui a contribué à une sensation de malaise général. Le corps semblait protester contre cette erreur alimentaire, et je l’ai noté clairement dans mes observations journalières. J’aurais dû rester plus fidèle aux règles initiales, mais cette mauvaise interprétation a été un vrai frein.

Après cette prise de conscience au troisième jour, je suis revenue aux bases en réintroduisant des épices chauffantes, notamment du gingembre en infusion et de la cannelle dans mes plats. Ce changement a eu un effet presque immédiat. Les tremblements ont diminué progressivement, et la nervosité s’est apaisée. Deux jours plus tard, mon sommeil s’est amélioré, avec des nuits plus longues et moins d’éveils nocturnes. J’ai aussi ressenti un réchauffement interne, comme si une couverture thermique s’était posée dans mon ventre et ma poitrine. Ce retour aux épices m’a permis de stabiliser mon état, évitant que la sécheresse ne s’aggrave davantage. Je me suis rendue compte que ces épices étaient la clé pour modérer le froid interne et équilibrer le vent, deux éléments fondamentaux dans le type Lung. Sans elles, le régime aurait été difficilement tenable.

Au milieu de la semaine, j’ai vraiment senti un changement dans ma respiration et ma digestion

Au quatrième jour, j’ai mesuré une baisse de mon rythme cardiaque au repos, ce qui confirmait la sensation de souffle plus léger que je percevais depuis la matinée. Cette baisse était d’environ 4 battements par minute par rapport à la moyenne habituelle. Ce détail chiffré m’a donné un déclic, car je sentais effectivement ma respiration plus fluide, moins contraignante, comme si le vent interne s’était apaisé. La sensation d’oppression thoracique, discrète mais présente avant le test, avait disparu. Je pouvais inspirer plus profondément sans effort, ce qui m’a redonné une énergie plus stable sur la journée. Ce changement respiratoire a coïncidé avec une meilleure qualité du sommeil, qui s’est prolongé en moyenne à 7 heures par nuit, sans interruption notable.

Sur le plan digestif, j’ai observé une nette diminution des ballonnements, surtout après les repas du midi et du soir. Cette évolution s’est confirmée dès le troisième jour, après avoir complètement éliminé les produits laitiers et les aliments froids. J’avais noté auparavant que ces derniers favorisaient une accumulation de mucus et une lourdeur abdominale, ce qui semblait typique pour le type Lung. La sensation de lourdeur a laissé place à un confort digestif qui m’a étonnée. La digestion semblait plus rapide, plus régulière, sans ces remontées ou gaz gênants. J’ai aussi ressenti moins de fatigue postprandiale, ce qui a été un point positif dans mon ressenti global. Ce confort digestif a renforcé ma motivation à poursuivre le régime, malgré les difficultés initiales.

Une surprise inattendue s’est produite sur le plan cutané. Habituellement, ma peau est sèche, presque rugueuse au toucher, mais au cinquième jour, j’ai senti un voile légèrement plus gras sur mes mains et mon visage. Cette sensation m’a intriguée, car elle ne correspondait pas à ce que j’attendais. J’ai appelé ce phénomène le « rééquilibrage paradoxal de l’humidité Lung », car il semblait annoncer un ajustement interne, une modulation des flux d’humidité dans mon corps. Cette nouvelle texture cutanée, bien que déroutante, s’est accompagnée d’une meilleure souplesse de la peau, ce que j’ai constaté au toucher. Je ne m’attendais pas à ce résultat, surtout en supprimant les aliments humides. Cela montre à quel point le corps peut réagir de manière complexe et parfois contre-intuitive.

Les derniers jours et le bilan : ce qui marche vraiment et ce qui pêche

Au sixième jour, un épisode de frissons intermittents m’a surprise. Ces secousses, sans cause apparente, semblaient liées à un refroidissement interne, probablement dû à une exclusion trop stricte des aliments chauffants dans les repas précédents. Ce refroidissement, que je n’avais pas anticipé, a provoqué un nouveau déséquilibre du vent interne, avec un retour partiel de la nervosité et une sensation de froid dans la poitrine. Cette expérience m’a forcée à réévaluer mon protocole, en réintroduisant plus régulièrement des épices comme la cannelle et le poivre noir, qui ont fait leur effet en deux jours. Ce réajustement a été nécessaire pour maintenir un équilibre énergétique satisfaisant, car j’avais sous-estimé l’importance de ces apports dans la gestion du type Lung.

En termes concrets, après cette semaine, j’ai noté une progrès nette de ma respiration, avec une sensation de souffle plus léger et un rythme cardiaque au repos réduit de 6 battements par minute par rapport à mon état initial. Mon confort digestif s’est aussi renforcé, la disparition des ballonnements étant un signe fort. Malgré ces progrès, la sécheresse persistait, notamment au niveau des muqueuses, et une nervosité modérée est restée présente, surtout en fin de journée. Ces deux aspects m’ont rappelé que le type Lung est fragile et que l’adaptation alimentaire doit être progressive et nuancée. Le coût des ingrédients spécifiques, entre 15 et 25 euros pour la semaine, a ajouté une contrainte financière que je n’avais pas anticipée, notamment pour les épices de qualité.

Je pense que ce type d’alimentation est adapté à ceux qui présentent des signes clairs d’excès d’humidité et de mucus, ainsi qu’une respiration laborieuse liée au vent interne. Par contre, les profils avec une tendance à la sécheresse ou à la nervosité doivent rester vigilants, car l’exclusion trop stricte des aliments chauffants peut aggraver ces symptômes, comme je l’ai expérimenté. Les alternatives que j’ai envisagées en cas d’effets secondaires sont l’ajout d’infusions tièdes et une consommation modérée d’épices chauffantes pour restaurer l’équilibre. Ce bilan me conforte dans l’idée que chaque type Lung demande un ajustement personnel, sans rigidité excessive, et que l’écoute du corps reste la meilleure boussole.

Au final, cette semaine m’a permis de confirmer que la suppression des aliments humides et froids, combinée à une gestion attentive des épices chauffantes, agit bien sur la respiration et la digestion. Le chemin n’a pas été simple, avec une période de transition difficile d’environ trois jours marquée par la sécheresse et la nervosité. La mesure régulière du rythme cardiaque et l’observation des signes sensoriels m’ont aidée à ajuster mon régime. Reste que l’équilibre interne Lung est une affaire de nuances, et ce test m’a appris à ne pas sous-estimer la complexité des interactions entre alimentation et énergie vitale.

Lhamo Tsering

Lhamo Tsering publie sur le magazine Médecine Tibet des contenus consacrés à la médecine traditionnelle tibétaine, à ses pratiques, à ses fondements et à son contexte culturel. Son approche repose sur la clarté, la progression et la mise en contexte des notions importantes, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre un sujet riche et souvent complexe.

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