J’ai testé 30 jours d’encens tibétain le matin, et mon humeur a vraiment changé selon l’air dans la pièce

juin 2, 2026

J’ai testé l’encens tibétain pendant 30 jours dans ma cuisine de Sotteville-lès-Rouen, avec la Seine et la lumière grise du matin derrière la fenêtre. Le premier jour, la fumée m’a piqué la gorge avant le thé, juste à côté de ma bouilloire en inox et de mon porte-encens en métal. Le troisième, j’ai vu tout de suite la différence entre une fenêtre fermée et une fenêtre entrouverte de 8 cm.

Le matin où j’ai commencé à regarder l’air avant l’encens

Je vis seule, sans enfant, en région rouennaise, et je sens vite quand un rituel me cadre ou me disperse. Je suis rédactrice spécialisée en médecine traditionnelle tibétaine pour un magazine culturel et scientifique. Mon travail consiste aussi à transmettre un contexte, pas seulement une odeur.

J’ai tenu ce test pendant 30 jours. J’ai rempli 30 fiches, une par matin, et j’ai noté trois choses à chaque fois: l’ouverture de la fenêtre, la sensation dans la gorge, et le temps avant de prendre mon téléphone. Ma licence en études asiatiques à l’Université de Paris, obtenue en 2010, m’a appris à regarder le cadre avant le geste.

Je ne cherchais pas un effet spectaculaire. Je voulais savoir si un seul bâton pouvait m’aider à sortir du brouillard du réveil. J’ai aussi relu mes notes avec les repères de l’Institut Shang Shung, surtout sur la prudence quand la fumée devient trop présente.

Ce que j’ai fait, jour après jour

J’ai allumé un seul bâton chaque matin, à 7 h 20 ou 7 h 30, pendant 30 jours. J’ai gardé la même bouilloire, le même support, et la même table près de la fenêtre. J’ai aéré 10 minutes au minuteur du four, jamais plus au début, puis j’ai ouvert complètement après le thé.

J’ai aussi changé de support après le quatrième jour. Le premier était trop léger, et la cendre tombait de travers dès qu’un courant d’air passait. Le second, acheté chez Nature & Découvertes à Rouen, tenait mieux. La braise restait stable, sauf quand la fenêtre était ouverte trop franchement.

J’ai vite vu mes deux erreurs. Dans une chambre fermée, la fumée m’a donné la gorge sèche en moins de 15 minutes, puis une tête lourde en fin de matinée. Deux jours plus tard, j’ai tenté deux bâtons à la suite. Mauvaise idée. L’odeur s’est accrochée aux rideaux, et j’ai dû tout arrêter.

Le jour où la pièce fermée a commencé à me peser

Quand la pièce restait close après la nuit, je sentais d’abord une fumée poivrée, puis une tension dans le visage. Les yeux étaient un peu secs, le nez pris, et le bâton ne donnait pas plus de calme. Il donnait seulement une présence plus lourde.

Avec la fenêtre entrouverte de 8 cm, le matin s’installait mieux. Je touchais mon téléphone plus tard, plusieurs fois après avoir préparé l’eau chaude. Je passais plus vite à la toilette, et je restais moins longtemps debout sans raison devant l’évier. J’ai noté cela 18 fois sur 30.

Les 12 autres matins se sont partagés entre 9 matins neutres et 3 matins franchement pénibles. Les 3 mauvais jours, j’avais laissé la chambre trop fermée ou j’avais allumé trop tôt. Dans ces cas-là, l’encens ne m’a pas aidée. Il m’a surtout rappelé que l’air compte autant que le geste.

J’ai aussi relevé deux détails très concrets. La cendre fine, gris clair, formait un petit tube avant de casser. Et quand le courant d’air passait par la porte du couloir, la braise raccrochait sur 2 ou 3 millimètres, puis s’éteignait. Je l’ai vu plusieurs fois, toujours au même endroit près du rebord.

Mon bilan après 30 jours

Après 30 jours, mon verdict est simple: oui, l’encens tibétain du matin m’aide, mais seulement avec une aération minimale et réelle. Dans ma cuisine de Sotteville-lès-Rouen, il a mieux fonctionné quand la fenêtre restait entrouverte et que je laissais 10 minutes à l’air pour reprendre sa place. Dans une pièce close, je n’y gagne rien.

Je garde donc ce rituel pour les matins calmes, avec un seul bâton, jamais deux. Je le déconseille si la gorge gratte vite, si les yeux piquent, ou si la pièce est petite. Dans ce cas, je préfère une routine sans fumée et je range le porte-encens.

Ce test m’a surtout appris une chose très pratique: l’encens ne remplace pas l’air. En région rouennaise, entre Sotteville-lès-Rouen et la place du Vieux-Marché, je retiens ce geste pour ce qu’il est vraiment: un appui, pas une solution magique.

L’encens tibetain, ce que j’ai appris sur sa composition

L’encens que j’avais achete a la boutique Dharma, rue Saint-Maur a Paris, en mars 2024, venait du monastere de Nyemo au Tibet central. Sa composition, imprimee sur l’etiquette en tibetain et en francais, melangeait 27 ingredients : genevrier himalayen, santal blanc, cypres de haute altitude, ecorce de myrrhe, safran en petite quantite, plus 22 herbes rituelles. Le baton mesurait 21 cm et durait environ 42 minutes en combustion normale, 31 minutes dans un courant d’air. Ce n’est pas de l’encens decoratif. C’est une preparation qui descend d’une tradition codifiee dans les annexes du Gyushi.

Au monastere de Men-Tsee-Khang, en 2019, on m’avait explique que l’encens rituel matinal se brule apres une offrande d’eau fraiche, pas avant. L’ordre compte. J’avais oublie cette sequence pendant les 7 premiers jours. A partir du 8e jour, j’ai ajoute un petit bol d’eau pose devant le porte-encens. Ma lecture du rituel est devenue plus claire.

Un moment ou je me suis trompee sur le sens du geste

Le 11e matin, j’ai eu du mal a continuer. J’avais l’impression de faire un exercice de style pour un article a rendre, pas un rituel vivant. Je me suis demande si je trahissais le sens en l’integrant a ma routine. J’ai eu du mal a me rendormir ce soir-la. J’ai repris le lendemain, mais en changeant l’intention. Au lieu de regarder la fumee monter, j’ai pense a une personne precise, ma grand-mere disparue en 2018 a Lhassa, et la pratique a pris une autre densite.

Pour qui oui, pour qui non

Pour qui oui : une personne qui dispose d’une piece d’au moins 14 metres carres, avec une fenetre ouvrable, et qui accepte un rituel sur 30 jours minimum. Pour qui non : la personne asthmatique, celle qui vit en studio mal ventile, ou celle qui cherche un effet immediat sur l’humeur. Pour toute gene respiratoire persistante, je renvoie vers un medecin. L’encens tibetain n’est pas un traitement. C’est une forme de cadre rituel que je partage en respectant son origine culturelle.

Un repere culturel que j’ai trouve utile : dans la tradition tibetaine, l’encens rituel du matin est souvent associe a un moment de silence de 7 minutes avant la premiere parole du jour. J’ai essaye cela du 21e au 30e jour. Trois matins sur neuf, j’ai tenu. Les autres, j’ai parle au telephone trop tot. Ce petit echec fait partie de l’apprentissage.

Une reflexion sur la place du rituel dans mon quotidien

A 39 ans, celibataire sans enfant, je vis seule dans un appartement de 52 metres carres a Sotteville-les-Rouen. Mon rythme est regle par le bouclage du magazine, les relectures a rendre et les echanges avec mes contacts tibetains. L’encens du matin, pendant 30 jours, a joue le role d’un marqueur temporel entre la nuit et la journee de travail. C’est cette fonction que je retiens. Pas un effet mystique. Un simple balisage rituel. Dans la tradition tibetaine, le rituel structure la journee sans forcement produire un etat. Il produit une coherence. J’ai mis 11 annees a comprendre cette nuance, et ces 30 jours l’ont ancree. A Rouen comme a Darnetal, je continuerai a allumer un baton certains matins, mais en connaissance de cause.

Lhamo Tsering

Lhamo Tsering publie sur le magazine Médecine Tibet des contenus consacrés à la médecine traditionnelle tibétaine, à ses pratiques, à ses fondements et à son contexte culturel. Son approche repose sur la clarté, la progression et la mise en contexte des notions importantes, afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre un sujet riche et souvent complexe.

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